Adoption d’un décret exécutif portant sur le régime spécifique des relations de travail des journalistes

Au Conseil de gouvernement :

Presse, statut des professeurs et chercheurs, transports ferroviaires à la une

imagePh. : T. Nesrine

 

La communication, l'université et les transports sont les trois grands dossiers examinés, hier, lors de la réunion du Conseil de gouvernement dont les travaux se sont déroulés sous la présidence du chef de l'exécutif, Abdelaziz Belkhadem. Il s'agit de trois décrets exécutifs des statuts des professeurs chercheurs, de trois décrets exécutifs de déclaration d'utilité publique pour les travaux des lignes de train électrique et enfin d'un projet de décret définissant le régime spécifique des relations de travail des journalistes. Ce sont également les sujets qui ont été développés hier par le ministre de la Communication lors de la conférence hebdomadaire qu'il a animée au Centre international de presse (CIP).

Le professeur  et le chercheur dotés d'un statut

L'enseignement supérieur et de la recherche scientifique, un secteur moteur dans le développement national, adapte sa législation et réhabilite ses compétences académiques avec l'adoption, hier, de trois projets de décrets exécutifs de la loi fondamentale sur l'enseignement et la recherche scientifique.
Très attendus, les trois projets de statuts —  à savoir, les projets de statuts du professeur chercheur, du professeur médecin et du chercheur permanent — constituent un parachèvement de la réforme de l'université et de son implication dans l'évolution de la société en privilégiant l'amélioration de l'encadrement. C'est en outre une  revendication légitime et un axe stratégique de promotion et de valorisation des ressources humaines, facteur de croissance, de promotion de la recherche scientifique et d'épanouissement de la société. Les trois textes de décrets exécutifs définissent les rôles et missions de chaque catégorie et précisent les modalités d'évolution et d'évaluation des carrières ainsi que les mutations et les disciplines, en garantissant la stabilité et les conditions de travail socioprofessionnelles.

De nouvelles lignes  de train électrique,  des vitesses de 150 km/h et des voies de plus  de 700 km

Le secteur des transports — placé comme une priorité dans le programme national, et au rythme de sa croissance actuelle marqué par une importante dynamique de modernisation de ses infrastructures, de réalisations et de grands travaux autoroutiers — vient donc, avec l'adoption de ces trois projets de décrets exécutifs portant déclaration d'utilité publique, réglementer la problématique du foncier et des éventuelles questions d'indemnisation des terres à exproprier dans le cadre des projets de programmes.
C'est le cas des travaux de modernisation du programme de la double voie ferroviaire du train électrique Sidi Abdellah (Zeralda) vers Birtouta et du transfert de la double voie Oued Sly vers Yellel dans l'axe Alger-Oran et enfin la ligne électrique allant de Thénia en passant par Tizi-Ouzou vers Oued Aïssi.
Ces projets de textes d'exécution interviennent dans le cadre des efforts engagés dans la modernisation et la réhabilitation des moyens et infrastructures de transports, en privilégiant l'extension et la densification du réseau de trains électriques.
Parmi ces projets on notera le renforcement des lignes entre Annaba, Alger et Oran sur un trajet de double voie de quelque 700 kilomètres et la création d'une nouvelle ligne dans les Hauts Plateaux.
Le but qui consiste à desserrer les régions du nord et du sud du pays, permettra en outre de gagner du temps et d'assurer une meilleure circulation des personnes et des biens, sachant le gain de temps gagné avec des trains électriques atteignant une vitesse avoisinant les 150 km à l'heure.
 
Un régime spécifique pour le journaliste

Le décret exécutif définissant  le régime spécifique des relations de travail  des journalistes, présenté par le ministre de la Communication, Abderrachid Boukerzaza, vient consacrer le principe juridique de l'application de l'article 4 de loi 90-11 portant sur les relations de travail en spécifiant la profession de journaliste. Son objectif vise, comme l'a indiqué le ministre du secteur,  à améliorer les situations professionnelle et sociale des journalistes.
Le texte de décret qui englobe tous les droits et devoirs, propre à la profession, définit, de façon explicite, le régime spécifique devant gérer les relations de travail des journalistes.
Il codifie les relations de travail des journalistes permanents et contractuels, des  collaborateurs et les correspondants de presse des secteurs public et privé, ainsi que les free-lances et les journalistes de la presse partisane, tout en apportant des amélioration au statut fragile et souvent en absence de toute protection de nombreux journalistes, comme l'a souligné Abderrachid Boukerzaza.
Le manque de formation, l'absence de protection sociale, les questions de salaires ont été des préoccupations ayant contribué à l'ébauche de ce texte de décret pouvant participer à la promotion de la profession à même de la hisser aux critères d'éthique et de déontologie et un plus grand professionnalisme. Il a, à ce titre, salué les initiatives prises par de nombreux secteurs en ce qui concerne les stages de formation, de cycles périodiques d'initiation et de spécialisation des journalistes, citant l'exemple du ministère de la Justice qui dira-t-il sera suivi par d'autres secteurs d'activité nationale. C'est en outre une réponse aux attentes des gens du métier, expliquera encore le ministre. Le débat a permis aux concernés de s'intéresser au statut du journaliste dont les ateliers se poursuivent, comme le notera le ministre, du droit à la carte professionnelle en l'absence du haut conseil national de l'information ou des conditions socioéconomiques de la corporation.
  Dans sa réponse le ministre de la Communication a précisé qu'en ce qui concerne l'établissement d'une carte de presse nationale, il compte, dans les prochains jours, procéder à des concertations  en vue d'élaborer un texte à ce sujet.
En plus des acquis qui seront développés dans les conventions collectives, le texte contient également plusieurs mesures favorables, telles que le respect de la propriété intellectuelle et le droit à la formation et la promotion continue ou encore la protection du journaliste des actes de violences, d'agressions et contre toutes les pressions dont il pourrait faire l'objet dans sa recherche des sources d'information, a soutenu le ministre,  soulignant que ce nouveau décret, permet au journaliste en période de stage de bénéficier des mêmes droits que les permanents et, fait nouveau, il ouvre droit au journaliste pour bénéficier d'un contrat d'assurance complémentaire en cas de couverture des évènements à risques.
Houria Akram

A retenir
En prévision de la célébration de la Journée mondiale de la presse, le ministre de la Communication affiche en chiffres, le paysage médiatique.

- Ils sont 4.084 journalistes algériens dont 3.000 dans la presse écrite et 500 dans le secteur public. 
- 1.480 journalistes exercent dans le secteur télévisuel et audiovisuel.  
- 65 organes de presse quotidiens tirent 2.160.000 exemplaires dont 57 quotidiens à caractère général, 3 en économie, 5 en sport, 5 spécialisés.
On compte 291 titres pour un tirage de 2.400.000 exemplaires dont 89 hebdomadaires, 76 spécialisés, 137 périodiques et 57 titres et magazines plus ou moins réguliers.
- Sur les 154 organes, 46 wilayas ont des correspondants. On enregistre 744 correspondants pour la presse écrite et les bureaux régionaux. 
- 32 titres en langue arabe pour des tirages de 1.255.000 exemplaires par jour et 33 titres en français pour 900.000 exemplaires par jour.
- La norme mondiale de 100 exemplaires pour 1.000 habitants est de 71% en Algérie contre 300% pour l'Europe, 40% pour les pays arabes et 17% pour l'Afrique. 
- Sur les 48 wilayas, 39 possèdent un taux de pénétration équivalant à 2,5 points de vente, 9 ont moins de la norme universelle.
- De juillet 2007 à mars 2008, 29 périodiques ont été créés.
- Durant ces trois dernières années, 97% des plaintes déposées pour délit de presse émanent des citoyens se sentant directement touchés.

Adoption d'un décret exécutif déterminant le régime spécifique  des relations de travail  des journalistes
Le Conseil du gouvernement a adopté mardi à Alger un décret exécutif qui détermine le régime spécifique des relations de travail  des journalistes visant à améliorer leurs situations professionnelle et sociale. Ce décret vient en application de l'article 4 de la loi 90/11 portant  sur les relations de travail, a indiqué le ministre de la Communication, M.  Abderrachid Boukerzaza, lors d'un point de presse animé à l'issue du Conseil  du gouvernement.         
Le ministre a souligné que ce texte vise à renforcer les droits des  journalistes, précisant que les journalistes permanents et contractuels, les  collaborateurs et les correspondants de presse des secteurs public et privé  ainsi que les free-lances et les journalistes de la presse partisane sont concernés  par ce texte de loi.
Ce décret, qui a pour but de "promouvoir" la profession du journaliste,  contient également plusieurs mesures favorables tels que le respect de la propriété  intellectuelle, le droit à la formation et la promotion, ainsi que le droit  à l'obtention d'une carte de presse nationale, a-t-il noté. A cet égard, M. Boukerzaza a annoncé le lancement "dans les jours à venir" d'une série de concertations pour l'élaboration d'un texte qui prévoit  l'établissement de cette carte de presse.         
Le décret en question protège également le journaliste des actes  de violences, d'agressions et contre toutes pressions dont il pourrait faire  l'objet dans sa recherche des sources d'information, a expliqué le ministre,  soulignant que par ce nouveau décret, le journaliste bénéficiera en outre d'un  contrat d'assurance complémentaire pour la couverture des évènements à   risques.
Pour le ministre, ce texte revêt une "grande importance"  notamment pour les relations de travail, puisque, a-t-il dit, il exige l'établissement  d'un contrat de travail pour tout recrutement.         
Le décret détermine aussi la période de stage et d'essai dans le cas  d'un nouveau recrutement, a-t-il expliqué, soulignant que le journaliste  débutant bénéficie des mêmes droits que le permanent.          Interrogé sur la liberté de la presse en Algérie, M. Boukerzaza a affirmé  que la législation algérienne "garantit" cette liberté de presse, relevant,  dans ce sens, que la presse nationale comprend 291 titres, avec un tirage quotidien  moyen de 2,43 millions d'exemplaires.
Parmi ces 291 titres, on relève 65 quotidiens, dont 57 généralistes,  3 économiques et 5 sportifs, avec une moyenne de tirage atteignant les 2,16  millions d'exemplaires, a-t-il précisé, ajoutant que sur les 65 quotidiens,  figurent 32 titres en langue nationale, dont le tirage a atteint les 1,255 million  d'exemplaires, et 33 titres d'expression française, avec un tirage estimé à 900 mille exemplaires/jour.
89 hebdomadaires, 76 spécialisés et 137 revues, dont l'édition est irrégulière,  sont imprimés, a-t-il ajouté, notant que 57 titres de la presse étrangère sont  distribués régulièrement en Algérie.
M. Boukerzaza a indiqué, par ailleurs, que la corporation comprend actuellement  4.084 journalistes, dont 3.000 dans la presse écrite (2.500 presse privée et  500 publique) et 1.084 dans le secteur de l'audiovisuel.

Le SNJ se félicite    
Le Syndicat national des journalistes (SNJ) s'est  félicité,hier, de l'adoption, par le Conseil de gouvernement, d'un décret exécutif déterminant le régime spécifique des relations de travail des journalistes,  soulignant que cela représente "un acquis considérable". "Le Syndicat national des journalistes se félicite et félicite l'ensemble  des journalistes algériens pour cet acquis considérable qui constituait l'une  de ses revendications les plus incessantes depuis des années", a indiqué le  syndicat dans un communiqué.  Ce décret offre désormais, selon le SNJ, une "identité juridique" pour le journaliste algérien, constitue un "outil efficace" pour une "meilleure protection"  socioprofessionnelle du journaliste et représente également un "cadre juridique  et réglementaire pour mieux défendre les intérêts matériels et moraux du journaliste". Le décret exécutif vient en application de l'article 4 de la loi 90/11  portant sur les relations de travail, a auparavant indiqué le ministre de la  Communication, M. Abderrachid Boukerzaza, lors d'un point de presse animé à  l'issue du Conseil de gouvernement. M. Boukerzaza a souligné que ce texte vise à renforcer les droits des  journalistes, précisant que les journalistes permanents et contractuels, les  collaborateurs et les correspondants de presse des secteurs public et privé  ainsi que les free-lances et les journalistes de la presse partisane sont concernés  par ce texte de loi. Le texte en question protège également le journaliste des actes de violences, d'agressions et contre toutes pressions dont il pourrait faire l'objet dans  sa recherche des sources d'information, a expliqué le ministre, soulignant que  par ce nouveau décret, le journaliste bénéficiera en outre d'un contrat d'assurance  complémentaire pour la couverture des évènements à risques.

 

Source: El Moudjahid, édition du 22 avril 2008

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Dernière mise à jour de cette rubrique le 28/04/2008
Rédacteur Agoravox

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