Soulagement. La vidéo montrant l’assassinat d’une adolescente, diffusée en détail sur internet, ne s’est finalement pas produite à Alger comme nous l’avions rapporté dans notre édition d’hier.
De nombreux éléments adressés à la rédaction prouvent que l’acte a été commis en Irak.
Il s’agit, en effet, d’une vidéo du lynchage d’une adolescente de la minorité yézidis, Doaa Khalil Assouad, tuée en avril 2007 dans le nord de l’Irak parce qu’elle était amoureuse d’un musulman. La vidéo en question a été diffusée sur des sites internet irakiens durant de longues semaines.
Doaa Khalil Assouad, 17 ans, membre de la minorité religieuse des Yézidis, a été assassinée le 7 avril par une foule en colère dont des membres de sa propre famille, parce qu’elle était amoureuse d’un musulman, selon des informations parues ces derniers jours dans des journaux kurdes irakiens.
Dans la vidéo, la jeune fille est étendue sur la route et des hommes la rouent de coups de pied et lui jettent des gros morceaux de roche et de béton sur la tête. Son corps a été retrouvé dans une valise. D’ailleurs, des sources concordantes ont réagi hier pour écarter l’hypothèse, donnée par la presse, selon laquelle de telles atrocités ont été commises en Algérie.
C’est ainsi que par exemple la direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a, dans un communiqué rendu public le même jour, tenu à préciser qu’aucun cas de ce genre n’a été porté à la connaissance des services de police, ni enregistré et encore moins commis en Algérie.
La DGSN a souligné aussi qu’aucun corps de jeune fille assassinée n’a été trouvé sur la voie publique au mois de décembre 2007 à Alger, à l’exception de la découverte d’un squelette d’une femme âgée de 40 ans environ dans une cave à Hussein Dey, dont la mort remonte à une année.
R. N.
Source: El Watan, édition du 11 Mars 2008
Une vidéo montrant les détails de l’assassinat d’une adolescente à Alger circule actuellement sur internet. Les images sont d’une violence insupportable. Des coups de pied en cascade, suivis par deux coups de pierre à la tête et au visage, plongent le corps frêle de la victime dans un bain de sang. Les auteurs qui filmaient la scène étaient en extase devant leur crime.
Cheveux noirs très longs, vêtue d’une veste de jogging et d’un pantalon noir, la jeune fille, recroquevillée par terre, la tête entre les mains, recevait une cascade de coups de pied au visage et à l’abdomen, marqués par plusieurs ecchymoses.
Le sang commence à gicler et couler de toutes parts, et les agresseurs redoublent de violence. Ils se bousculent pour battre, parfois collectivement, le corps frêle de la victime qui, après quelques minutes, semblait n’avoir plus de force. Ses vêtements se déchirent et ses bourreaux tentent de recouvrir ses parties intimes.
Quelques dizaines de minutes plus tard, l’un d’eux prend une grosse pierre en parpaing et la lance de toutes ses forces sur la tête de la jeune fille. Le sang gicle et un autre prend le relais pour lui asséner le coup mortel en plein visage.
La victime ne bouge plus. Elle baigne dans son sang sous les caméras des téléphones mobiles, tenus par ses bourreaux, visiblement heureux d’avoir accompli leur abominable crime. Selon toute vraisemblance. Cette vidéo a été diffusée par un des auteurs qui n’apparaît pas sur l’enregistrement. Est-ce que maintenant les assassins seront arrêtés et déférés à la justice ? Possède-t-on une piste ? Pour l’instant, aucune information sur l’identité de la victime.
Mais il est évident qu’il pourrait s’agir d’une jeune fille dont le corps a été trouvé au mois de décembre 2007 sur la voie publique et qui est en attente d’identification. Selon des sources policières, cette victime portait de graves lésions sur le corps et semble avoir été tuée à l’aide d’un objet tranchant.
Cette affaire est d’une extrême gravité et interpelle toutes les consciences. Elle relance la lourde problématique des violences à l’égard des femmes, mais surtout ce nouveau phénomène qui consiste à filmer à l’aide de téléphones portables des scènes souvent à l’insu des concernés pour les utiliser comme objet de chantage ou de les diffuser sur internet. Des foyers entiers ont été brisés à cause des enregistrements, alors que de nombreuses victimes ont fini par se suicider.
Les services de police, tout comme les services de la gendarmerie ont eu ces dernières années à élucider des affaires de viols collectifs grâce à des images retrouvées sur des mobiles, saisis sur les personnes suspectes. Celles-ci avaient pris le soin de filmer la scène de l’agression dans le but de réduire au silence leurs victimes, souvent terrorisées à l’idée que l’enregistrement soit diffusé.
Aujourd’hui, les services de sécurité sont devant une nouvelle forme de criminalité qui consiste à « transformer un crime abominable » en un « fait d’armes à large publicité ». C’est la conséquence, diront les spécialistes, de la décennie de violence vécue par les Algériens, notamment les jeunes, comme ceux qui ont tabassé à mort l’adolescente.
L’après-terrorisme est une étape délicate que les spécialistes de la santé mentale sont appelés à affronter. La prolifération de la violence en milieu juvénile ne peut avoir des explications que dans les événements tragiques que l’Algérie a vécus durant toute une décennie.
Salima Tlemçani
Source: El Watan, édition du 10 mars 2008
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