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Les organisations socio-professionnelles se mobilisent
Multiplication des appels à un troisième mandat pour Bouteflika
UNJA, FLN, UNPA et UGTA. Les sigles sont différents, mais un objectif les a réunis ces derniers jours. Les quatre organisations demandent, presque au même moment, au président Abdelaziz Bouteflika de se représenter pour un troisième mandat, et appellent à une révision de la Constitution qui, elle, en limite le nombre à seulement deux.
Tandis que Abdelaziz Belkhadem animait une conférence de presse au siège de son parti à Alger, mardi dernier, les autres organisations inondent les rédactions de communiqués lançant le même message.
En plus de l’appel du pied lancé au chef de l’Etat, les quatre entités ont pris le soin d’énumérer les réalisations des deux quinquennats de Abdelaziz Bouteflika.
«Vu les résultats obtenus, tels le retour à la paix civile, le lancement de grands projets […] nous demandons au président de la République, président du parti, de se présenter pour un troisième mandat présidentiel», a annoncé Abdelaziz Belkhadem qui précise que la direction de son parti va se réunir à la fin du mois en cours pour discuter de la question. Mais, dans l’entourage du parti, on annonce qu’une pétition est en cours.
Mieux, le premier responsable de l’instance exécutive du FLN a invité Bouteflika à «accorder une suite favorable à cet appel pressant en briguant un troisième mandat en vue de parachever ses réalisations majeures à la faveur de la réconciliation nationale et dans le cade de l’édification d’une Algérie forte et digne et à œuvrer à la mise en place des mécanismes susceptibles de favoriser la concrétisation de cette sollicitation populaire qui reflète la volonté de tout le peuple».
C’est presque le même ton qui a été employé par l’Union nationale de la jeunesse algérienne (UNJA), une organisation apparentée au FLN.
Dans un communiqué transmis mardi en fin de journée aux rédactions, l’UNJA a réitéré «son soutien absolu» au président de la République et son appui à sa candidature pour un troisième mandat, mettant en valeur les réalisations accomplies depuis son investiture à la présidence de la République, notamment l’amélioration de l’image de l’Algérie et le recouvrement de sa place au double plan régional et international.
De son côté, l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) n’a pas dérogé à la règle.
Dans un communiqué rendu public le même jour que le FLN, la Centrale syndicale a tenu «avec conviction et avec la plus grande fraternité, à rendre hommage au président Bouteflika pour sa noble mission d’avoir permis au plan national d’asseoir une paix durable à travers la réconciliation nationale, la relance économique, la stabilité et le progrès social, et d’avoir permis à notre pays, au plan international, de retrouver sa place dans le concert des nations».
Quant au secrétariat national de l’UGTA, il a enregistré «avec satisfaction» les avancées sociales concrètes pour le monde de travail, notamment la promulgation du statut général de la fonction publique, la création du fonds de réserve des retraites, la grille indiciaire, la conclusion des conventions de branche et d’accords salariaux et l’augmentation du salaire national minimum garanti, ainsi que la conclusion du pacte national et social.
Ces avancées «prennent leur amplitude par la volonté perceptible du président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, d’agir pour l’amélioration constante des conditions de vie des travailleurs et de leurs familles», souligne le syndicat.
L’Union nationale des paysans algériens (UNPA), de Mohammed Allioui, a lancé le même appel dans un communiqué qui a sanctionné les travaux de son conseil national.
«L’UNPA est pleinement disposée à appuyer et à soutenir le président de la République en vue d’un troisième mandat présidentiel, qui lui permettra de parachever les différents projets et programmes de développement dont les résultats commencent à se faire jour et se reflètent notamment à travers la stabilité permanente à la faveur de la fin de la crise et le recouvrement de la sécurité et de la prospérité», indique, entre autres, l’organisation paysanne.
A. B.
Source : La voix de l'Oranie, Edition du 6 décembre 2007
Troisième mandat : le coup de force de Bouteflika suscite embarras et indignation
Les présidentielles de 2009 ont commencé vite et fort ! Le plan de Bouteflika, exprimé avec zèle par le FLN de Belkhadem (lire notre article de mercredi) , a entraîné des réactions oscillant entre l’embarras d’une classe politique mise mal à l’aise l’indignation des démocrates et d’une partie de la presse.
L’embarras est d’abord chez les « alliés » de la coalition présidentielle, les islamistes du MSP et le RND d’Ouyahia. « C’est une affaire interne au FLN », réagit Abderrezak Mokri pour le MSP, parti de l’Alliance présidentielle qui estime qu’il n’y a nul commentaire à faire aux propos de Belkhadem. « Le premier concerné n’a pas parlé, donc à quoi bon nous prononcer sur un tel projet », indique cet homme politique en notant que Belkhadem « est libre de dire ce qu’il veut d’autant qu’il considère que le président est aussi le président du FLN. En ce qui nous concerne, nous estimons qu’il existe des institutions souveraines qui décident dans ce pays ».
« A chaque jour suffit sa peine, on n’en est pas encore à ce projet. » déclare-t-on au RND par la voix de Seddik Chihab. « Il faut qu’il y ait une démarche sérieuse et légaliste, donc au président de se prononcer d’abord et nous réagirons après », dira notre interlocuteur, en soulignant que le FLN ne fait que « défoncer des portes ouvertes ». Le RND, explique M. Chihab, reste fidèle à ses engagements politiques avec le président de la République. « Sa candidature n’est pas portée en termes de problème mais de solution. A chaque jour suffit sa peine, on n’en est pas encore à ce projet. » M. Chihab soulignera enfin qu’il n’y a aucune raison d’avoir peur d’une non-limitation de mandat si la stabilité et le développement sont garantis. Le Parti des travailleurs préfère aussi attendre que le premier magistrat du pays évoque sa volonté de briguer un nouveau mandat pour avoir une position officielle. « Nous nous prononcerons au moment voulu. Mais nous relevons le moment choisi par Belkhadem pour faire cette annonce », souligne Ramdhane Taâzibt. Ce dernier ajoutera que sur le principe « c’est au peuple de décider de mandater qui il veut et pour combien de fois il veut ».
L’indignation
La voix de l’opposition vient du FNA, du RCD et du CCDR… « Je crois que le chef du gouvernement et SG du FLN pense à préserver ses intérêts qui sont intimement liés au président de la République et président du même parti », commente Moussa Touati président du Front national algérien. La troisième force politique qui a émergé lors des dernières consultations électorales considère que Bouteflika est en droit de prétendre à un autre mandat, mais « la Constitution ne le lui permet pas. Parle-t-on de révision de la Constitution ou de mainmise sur le pouvoir ? », s’interroge M. Touati en précisant qu’au FNA « nous sommes pour une révision de la Constitution dans le cas uniquement où celle-ci peut concrètement servir l’intérêt du peuple ». « Oui il existe certaines incohérences dans le texte de la Constitution qu’on doit clarifier, notamment concernant la nature du régime, est-il parlementaire, ou présidentiel, ou les deux à la fois. Mais nous disons que la non-limitation de mandat pour le président ne doit pas être l’objectif de la révision de la Constitution. » Notre interlocuteur fera remarquer que la non-limitation de mandat pour le président est une pratique purement tiers-mondiste. « Si tel est le projet escompté, c’est un retour en arrière que nous opérerons au lieu d’arriver à une réelle démocratie. » Djamel Ferdjallah déclare pour le RCD : « Il n’appartient pas à un chef de parti ni à un chef de gouvernement de demander un troisième mandat, alors que la Constitution est toujours en l’état. » Et au CCDR de conclure dans un communiqué rendu public hier en lançant : « Nous disons non à un troisième mandat pour Bouteflika. Non à la continuité d’un système obsolète et anachronique. Non à un pouvoir médiocre, incompétent et prédateur dont l’échec est consommé et que le peuple a rejeté. » Pour ce Comité des citoyens pour la défense de la République, « l’Algérie est au bord de l’explosion et le peuple est en droit d’exiger un bilan à tous les niveaux, aussi bien du gouvernement que des institutions nationales et locales ».
L.K. (avec El-Watan)
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Dernière mise à jour de cette rubrique le 07/12/2007