mardi 15 janvier 2008 par Rédaction Journal3
Au vu des transformations que subissent les villes, les quartiers, les villages et tout le bâti laissé par le colonialisme, le doute n’est plus permis. En cette Algérie du XXI eme siècle, le paysage urbain se dégrade à une vitesse incontrôlable, la verdure urbaine disparaît à vue d’œil, sous l’œil, qui regarde ailleurs, du ministre, du wali, du maire et d’un Parlement, qui se moque du cadre de vie des citoyens, comme s’il s’agissait d’un problème secondaire, laissant le champs libre à des architectes destructeurs élaborer des plans dément, dés lors que les normes de l’urbanisme, des espaces verts et de l’aménagement urbain, n’ont plus personne pour les faire respecter, quant ils existent, et peu importe qu’il ne fera plus bon vivre en Algérie dans vingt ans au plus.
Depuis quelques années, un véritable engouement pour les plantes décoratives est de mise à Bechar, où des habitants ne ménagent aucun effort afin d’avoir, qui un jardinet avec des arbustes verdoyants, qui un balcon ou un rebord de fenêtre fleuri et qui simplement un arbre d’alignement devant la porte de sa maison. Il y’a de cela vingt-cinq ans, à Tlemcen, le lieu dénommé Grand Bassin, ou Sahridj M’beda, fut aménagé en espace vert doté d’un plan d’eau entouré de massifs d’arbres ornementaux. Aujourd’hui, il risque à la faveur d’une décision irréfléchie de disparaître car les décideurs ont trouvé plus utile de remplacer cet unique espace vert de Tlemcen par des terrains de sports.
La cité Akid Othmane, la plus ancienne des constructions réalisées dans l’extension nord de la vieille ville de Ain Témouchent, a été choisie pour un projet pilote d’aménagement urbain qui sera conduit dans le cadre d’une coopération algéro-allemande avec l’appui des ingénieurs allemands qui apporteront leur méthodologie et leur expérience, acquise en ex-RDA durant cinq années de travail aménagements urbains, cela même avec lesquelles des projets semblables ont été réalisés à Oran ( dans la cité des Amandiers), Alger, Tizi-ouzou, Tébessa et Bechar.
A Oran, de Trouville à Cap Falcon, la quasi-totalité des espaces publics font l’objet d’accaparement par des tierces personnes. A commencer par le boulodrome de la station « les Pins » dont les trois quarts du site font office de restaurant « quatre saisons », au niveau du parc des loisirs de Bouisseville où une mosquée va être érigée avec une simple autorisation de voirie, malgré que le parc des loisirs est un projet initié par l’état pour l’accueil des citoyens et pour ne pas citer la quasi-totalité des espaces, à la station de St Germain, le défi à l’autorité de l’état est flagrant car de fleuriste à cabaretier, il n’a fallu qu’un pas.
En effet, l’assiette octroyée dans le cadre de l’emploi de jeunes pour une activité de fleuriste, a fini dans la musique et la danse car désormais, en lieu et place, s’est érigé un cabaret. Par arrêté n°234 en date du 24 avril 1996, la wilaya de Mascara a défini les aires de jeux devant être préservées pour utilité publique et réservées aux enfants des cités situées à proximité. Or, depuis le début de l’année 2000, la société civile assiste, impuissante, à l’élévation de nouvelles constructions sur ces espaces squattés par une certaine catégorie de citoyens, nullement dans le besoin, et ce, au détriment des enfants. Décidément à Sidi Bel abbés, toutes les structures destinées à la détente sont exposées à toutes sortes de dégradations car le jardin public, jadis synonyme de distraction et de détente et réputé pour être l’un des plus beaux d’Algérie, constitue l’exemple type car il se trouve totalement abandonné aux clochards, aux saoulards et à la saleté et aujourd’hui, il est devenu un lieu de débauche où le moindre petit recoin est squatté, où des détritus de toutes sortes, des canettes de bière, des bouteilles de vin jonchent les jardinets et les allées sans qu’aucun responsable de l’APC s’en émeuve et réagisse. Les habitants de la commune de Ain lechiekh (extrême sud de Ain Defla) pourront bientôt bénéficier d’une piscine pour se rafraîchir cependant cette piscine verra le jour dans le jardin public datant de la période coloniale, mais si l’idée n’est peut être pas mauvaise, dans cette région où les étés sont torrides, et si d’autre communes suivent cet exemple, il n’y aura plus de jardin public ni même d’espaces verts dans nos villes et villages.
Le Parc Olof Palm, baptisé du nom de l’ancien Premier ministre Suédois assassiné en 1986 à Stockholm, est en train de perdre ses lettres de noblesse à Hydra. Joyau de la nature, espace de convivialité par excellence, lieu de rencontre des familles qui s’y rendent pour échapper à la promiscuité des foyers, fierté des riverains, ces derniers mois, ce jardin public s’est dangereusement et nettement clochardisé par l’absence d’entretien de la part de l’Etablissement de Développement des Espaces Verts de la wilaya d’Alger (EDEVAL).
A Birtouta, les habitants de la cité des Frères Boumedfaâ, regroupés au sein de l’association de protection de l’environnement, ne cessent, depuis des mois, de dénoncer les agissements d’un homme de loi qui a jeté son dévolu sur les espaces verts qui entourent leur cité. Les travaux de terrassement, déjà entrepris, ont dû être arrêtés sous la pression des citoyens mais aujourd’hui, ces derniers sont poursuivis en justice par cette même personne pour violation et menace malgré que l’arrêté qu’il brandit à chaque fois soit nul d’effet, car il lui a été délivré à l’époque de la DEC et que ce document n’est plus reconnu par les élus actuels de l’APC.
On a de la peine à croire qu’on est devant le siège de la wilaya de Bouira, tant la dégradation subie par les réalisations entreprises à si grands frais et sans jamais qu’elle soit achevée, dans un but d’embellissement, prend dans ce secteur des proportions alarmantes au point qu’on se demande s’il est si difficile pour les responsable du siège de la wilaya autant que pour les élus d’imaginer un moyen de mettre fin à cette situation et de terminer ce projet d’aménagement d’espaces verts.
Même si le conseil national économique et social (CNES) recommande, au titre du dossier de la prise en charge des actions de l’environnement, au niveau des collectivités locales, la réhabilitation de la commune dans ses activités traditionnelles, pour une meilleure prise en charge des actions relevant de la préservation du cadre de vie du citoyen.
En matière d’espaces verts les zones urbaines algériennes sont en déficit végétal car nos grandes villes comparés à Paris qui compte que 6 m² d’espaces plantés par habitant (hors bois), à Amsterdam qui en compte 36 m² et à Londres qui en compte 45 m², ne sont qu’un tas de béton sans verdure même si le besoin de verdir, est ressentie par tous et devient une nécessité pour le citoyen, qui aspire à une amélioration de son cadre de vie et de voir son paysage urbain ressembler au belles maquettes et esquisses en perspective exposées et montrées aux autorités et durant les expositions au public aux différentes expositions.
L’aménagement urbain y compris la création des espaces verts et d’espaces de loisirs et de détentes en Algérie, deviennent une priorité car c’est une des composantes incontournables pour la réussite des grandes lignes de la stratégie de développement durable du tourisme, qui est mise en application par le programme présidentiel et suivi par le ministère du tourisme, qui a prévu un budget de près de un milliard de dollars d’ici à la fin 2013.
En Algérie on coupe un arbre pour construire un magasin, un garage ou pour réaliser une extension superflue d’une bâtisse. En fait l’insalubrité a commencé à s’installer dans les mœurs algérienne dés lors que particuliers et puissance publique se sont autorisés à déboiser les villes et les villages et à raser les poumons urbains au profit d’une poussée horrible du béton au point que le paysage urbanistique ne ressemble plus qu’à une continuité de béton et que les espaces verts sont devenus disparates.
C’est parce que aujourd’hui, 60% de la population Algérienne vivent dans les villes et que l’Algérie est en train de devenir un pays urbain, que l’état doit prendre conscience et s’intéresser au cadre de vie des citoyens, si non comment seront nos villes quant la population urbaine atteindrait, selon des études prospectives, 30 millions de personnes, l’équivalent de la population totale de l’Algérie actuelles. Autrement dit 80% des 42 millions d’Algériens que nous serons en 2025.
L’Algérie dispose de 48 wilayas et de 1541 communes dont 948 sont rurales, en matière d’aménagement urbain et des espaces verts, l’incapacité des pouvoirs publics à mettre en œuvre une législation pour mener une politique de sauvegarde et de développement harmonieux des espaces verts dans le paysage urbain, laisse les ministres, les walis ou les maires faire de leurs propres politiques d’aménagements une législation valable durant leurs règnes, parce que l’Etat ne leur demande pas des comptes et les Algériens ont appris à vivre sans l’Etat et avec des espaces verts disparates.
Une enveloppe de 100 milliards de centimes est dégagée par la wilaya de Guelma pour l’aménagement et l’amélioration des différentes communes de la wilaya. Cette enveloppe dégagée au titre du programme complémentaire de l’année 2003, est consacrée à l’assainissement et à l’embellissement des quartiers ainsi qu’à l’entretien, notamment, des réseaux d’alimentation en eau potable, à indiqué la direction de la planification et de l’aménagement du territoire mais rien n’indique la part des espaces verts dans cette enveloppe dégagée, comme si les espaces verts ne sont pas une des composantes de l’aménagement du territoire et une priorité pour l’amélioration du cadre de vie des citoyens. L’ancien wali d’Oran, intervenant lors de la clôture des travaux de la deuxième session de l’APW, a annoncé qu’un plan quinquennal 2004-2009 au profit de la wilaya d’Oran, doté d’une enveloppe de 200 milliards de dinars, sera lancé incessamment.
Ce plan devrait permettre la réalisation de 80 000 nouveaux logements, de nouveaux établissements scolaires, d’un pole universitaire d’envergure ainsi que de nombreuses infrastructures publiques. Pour l’aménagement urbain de certaines localités limitrophes de la commune d’Oran, une enveloppe de 2 milliards de dinars sera débloquée et au titre du même programme, une enveloppe de 500 millions de dinars sera dégagée pour la réfection des principales artères de la ville d’Oran, tout en soulignant que toutes ces études ont été achevées et se trouvent au niveau de la direction de l’urbanisme mais rien n’a été indiqué sur la part que prenne la création des espaces verts et la nécessité d’aménager des espaces de loisir pour les oranais et cela malgré que l’Etat a donné les sommes nécessaires à l’aménagement urbain des villes et villages de la wilaya d’Oran.
A Oran, l’urbanisme est basé sur du béton, quelques chaussées, une orientation par rapport au soleil et peu d’espaces verts. Oran étouffe, elle est même livrée à la pollution et pourtant, qu’il s’agisse du code en matière de procédures de construction ou de normes d’architecture, les espaces verts devraient occuper une place importante « sur papier seulement » et c’est justement sur papier qu’on recense quelque 40 000 hectares de forets et 150 espaces verts dont 80% en plein tissu urbain.
Parmi les espaces verts qui se trouvent à l’intérieur du tissu urbain, les plus important étant le jardin public et la promenade de l’Etang, qui font partie du patrimoine de l’APC de la ville d’Oran, comme une dizaines d’autres jardins, mais leur gestion pose énormément de problèmes car elle est anarchique, afin de remédier à cette incompétence de gestion des espaces verts de la ville d’Oran, les responsables de la division des espaces verts (DEV) ont trouvé la formule de concession, de façon à ce que la gestion des espaces verts sera cédée aux particuliers qui feront payer les espaces publiques aux citoyens, qui payent déjà les impôts locaux à chaque facture d’électricité et cela malgré l’expérience passée de la mise en concession du jardin « Hadj Ali », situé au centre ville de Constantine, qui a été un échec patent, contraignant l’APC à geler la concession et d’abandonner la privatisation à l’anglaise des espaces verts car les paysagistes et leurs substituts, même si le niveau de leurs connaissances est rarement exploité, savent bien que la vocation d’un jardin doit être définie dès son implantation en fonction des données sociales et démographiques du site.
Le paysagiste répond à sa fonction suprême qui est produire un concept sur un site inconnu, il fait dérouler un raisonnement en établissant une théorie, qui définira un vocabulaire afin de faire passer ses découvertes pour des vérités.En réalité, le paysagiste, humain parmi les autres, ploie sous les dossiers d’impacts, déchiffre les contraintes locales, tente de démêler les intérêts contradictoire d’un client multi têtes, épluche les programmes, à défaut les invente, lève une équipe et se lance dans des études techniques. Il finira par gribouiller une esquisse, à l’arraché, sorte d’aveu sous la torture et il dira voila mon savoir-faire, c’est une idée qui est bonne et que je doit défendre.
Et d’inventer le discours qui justifiera les divagation du trait, un discours dosé, conceptuel, cependant claire et parsemé de chiffre acceptable car le discours est soumis à l’hydre administrative qui choisira parmi d’autres celui qu’elle estime amendable. Lorsque le verdict s’abat sur le paysagiste lauréat, commence une épreuve où le concepteur paysagiste assigné à la verticale devra remplir la mémoire des disques durs avant d’accoucher d’un énorme dossier de consultation des entreprises de réalisation. Contrairement au jardinier qui a les mains occupées et l’esprit libre, le concepteur paysagiste est celui qui aura toujours les mains et l’esprit occupés car il est celui qui espère un jour planter la forêt que sa moisson de projet aura fait disparaître.
Dans la politique de l’habitat, basée sur le challenge d’un million de logements prévus pour le quinquennat en cours, 30% des logements seront de type social, 20% seront réalisés par l’auto construction, 25% suivant la formule AADL et les 25 % restants dans la catégorie du logement rural. En plus du million de logements que l’Algérie s’apprête à construire, plusieurs nouvelles villes sont ou seront construites à l’instar de celle de Sidi Abdellah qui est conçu pour stabiliser les populations dans leur milieu d’origine et d’éviter par la même, le phénomène de l’exode rural.
Avec ces nouvelles perspectives d’habitat, une amélioration de la qualité du cadre de vie pour tous les habitants de ces nouveaux logements, ainsi que pour nos villes et villages, s’avèrent primordiale ainsi le ministère de l’environnement doit être hyper stratégique et nanti de tous les moyens législatifs, humains et financiers, afin de réussir la politique des espaces verts et des jardins situés dans le tissu urbain dans le cadre de la charte communale de l’environnement moyennant d’une nouvelle législation sur la sauvegarde et le développement harmonieux des espaces verts dans le paysage urbain.
Avec une législation régissant les espaces verts en milieu urbain, adapté au microcosme Algérien, chacune des communes disposera d’au moins un jardin public ou un jardin de détente et de loisir ainsi que des espaces verts munis avec des terrains de sport et des jeux pour enfants pour chaque cité ou zone d’habitation, comme ceux qu’a réussi à mettre en place le programme d’amélioration du cadre de vie des citoyens, dans le cadre de la reconstruction de la zone sinistré du séisme de 1999 à Ain Témouchent où 1,5 millions de dollars sur les 80 millions de dollars de financés par un prêt de la banque mondial, ont été consacré pour l’étude et la réalisation des espaces verts au sein de la nouvelle ville « Akid Othmane », qui nous donne, aujourd’hui, un sentiment d’ailleurs.
Cette action d’amélioration du cadre de vie, ne sera opérationnelle et bénéfique, pour les citoyens, que si une nouvelle législation des espaces verts viendra compléter la législation actuelle de l’aménagement et de l’urbanisme, dans le but de promulguer la définition d’un plan local des espaces verts afin que chaque commune aura le droit de protéger ses jardins publics existants et ses espaces verts ainsi que les lots réservés aux espaces verts par le POS, tout en incluant la part nécessaire des espaces verts dans le budget du développement local de la commune et en mettant à la disposition de chaque collectivité locale les moyens humains et financiers pour la création d’un service de gestion des espaces verts, avec au moins un technicien paysagiste dans le service technique.
La plupart des nos collectivités locales, ont la volonté stratégique de se donner une image capable de fédérer dans les bases du développement durable pour le tourisme en Algérie, si l’Etat met à leurs disposition les moyens financiers, mais sans une loi adéquate qui sera appliquée par l’ensemble des autorités administratives concernés, tout en veillant à l’obtention des meilleurs résultats pour l’aménagement des espaces verts en milieu urbain, grâce à une collaboration étroite avec les architectes paysagistes ou leurs substituts, l’Etat ne pourra que s’attendre à ce que les problèmes actuels de l’agglomération urbaine, ne feront qu’accentuer au point que les villes et villages Algérien en 2025, ne seront jamais disposer à donner un meilleur cadre de vie aux 80% des 42 millions d’Algériens et le doute subsistera sur la réussite du programme de développement durable du tourisme en Algérie.
Meziane Abdellah, paysagiste.blogspace.fr(23 septembre 2006)
Source:http://journal3.ifrance.com
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