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Problèmes de l’université algérienne
Les 101 revendications des étudiants
Consciente de la dégradation du niveau universitaire algérien et face à tous les épineux problèmes que vit de nos jours l’université, l’Union générale des étudiants algériens (UGEA) a tenu ces derniers temps une série de rencontres regroupant son bureau national et les différentes sections syndicales en vue de mettre en place une série d’actions et de décisions pour sortir de la crise.

L’Union générale des étudiants algériens vient d’appeler la tutelle à ouvrir «un dialogue constructif avec la base estudiantine à l’échelle nationale en vue de trouver des solutions aux épineux problèmes que vit l’université algérienne et les étudiants plus particulièrement».

Un dialogue qui permettra aussi, selon un communiqué rendu public, hier par l’Union, d’œuvrer dans le sens  «d’arriver  à un fort taux de réussite».

Cet appel est issu de la rencontre, des vendredi et samedi derniers du Bureau national de l’union avec les présidents des bureaux de wilaya, à l’Université de Sidi Bel-Abbès. Laquelle a été aussi sanctionnée par l’élaboration d’une plate-forme de revendications de 101 points.

Cette dernière a trait aux différentes préoccupations des problèmes et perspectives des étudiants, selon le communiqué le l’UGEA, qui a invité l’ensemble des recteurs des universités algériennes à  «prendre acte de la plate-forme en question et de la débattre avec les étudiants en vue de trouver des solutions aux problèmes posés».

Il ressort aussi à travers ledit communiqué que le Bureau national de l’UGEA «a donné le feu vert à l’ensemble des sections syndicales, à travers les cités U et les facultés à problèmes, d’enclencher toutes les actions de protestation jugées utiles, en vue de faire avancer les choses et de trouver des solutions».

Ces actions seront suivies de près et évaluées par le Bureau national. Lequel a décidé, en cas d’échec  «d’entreprendre une action à l’échelle nationale».

«L’action en question peut prendre la forme d’une grève nationale», précise- t-on par ailleurs. La rencontre de Sidi Bel-Abbès a été aussi une occasion pour l’UGEA d’évaluer le travail de ses sections syndicales, «qui a été jugé bon et constructif» comme le précise le communiqué.

Cela en plus de débat-tre du programme des activités de l’Union en 2008. Le volet solidarité de l’UGEA avec le peuple sahraoui a été le quatrième point dans l’ordre du jour de la rencontre. Il a été alors décidé «la mise en place de la deuxième caravane estudiantine de solidarité, qui prendra le départ vers les camps des réfugiés de Tindouf au mois de mars prochain».

Y prendront part, selon le communiqué, «des délégués de l’UGEA des quatre coins du pays, des représentants de la presse, de la société civile ainsi que quelques représentants d’organisations estudiantines étrangères».

Il est question d’un autre côté de l’organisation du 2e  festival national d’El Ayoun en février prochain, à Tlemcen, en marge du premier Forum national sur «Abou Bakr Belkaöd».

Habiba Ghrib

La plateforme de l’UGEA

Elaborée avec le consentement de la base militante à l’échelle publique, la plate-forme des 101 revendications de l’Union générale des étudiants algériens (UGEA) qui a été rendue publique à partir de Sidi Bel-Abbès, à l’issue de la rencontre du Bureau national avec les bureaux de wilaya, a trait à l’ensemble des problèmes et préoccupations des étudiants algériens, lit-on à travers le communiqué de cette organisation estudiantine.

Cette dernière  soulève les problèmes liés à l’hébergement, le transport, la restauration de l’étudiant, mais se penche aussi sur l’importance d’instaurer des mesures pour une évaluation progressive et surtout une hausse du niveau universitaire.

Cela en plus de l’insertion professionnelle et un encadrement de qualité. Il est aussi question de savoir comment  développer le volet loisir, d’évaluer le LMD, et de  la liberté de l’action syndicale estudiantine. Abordant  la question du LMD, (Licence, master, doctorat), le Bureau national de L’UGEA demande à travers sa plate-forme, des éclaircissements sur les résultats de l’application de cette nouvelle méthode.

«Quel avenir, pourquoi l’inégalité et les difficultés d’application. Et encore, où est le master, la formation des enseignants ?», lit-on sur ledit document.

Un important volet de la plate-forme a été consacrée  par ailleurs à l’action syndicale estudiantine et à travers lequel l’UGEA revendique entre autres «la liberté de l’action syndicale de l’étudiant, la protection de l’étudiant syndicaliste, la mise en place des cellules et groupes de travail avec pour objectif la préparation de vraies réformes universitaires».

Enfin, la majeure partie est consacrée à la pédagogie, où l’UGEA, appelle «à revoir l’horaire, le volume, le mode d’orientation et même d’encadrement de l’étudiant».

H.G

Source : Le jour d'Algérie, édition du 14 janvier 2008

 

Mauvaise restauration, manque d'hygiène, problème de transportLe calvaire des étudiants dans les cités universitaires

La Tribune (Algiers)
5 Décembre 2007


By Samia Boulahlib - A. B.

La vie à l'intérieur des cités universitaires laisse à désirer. En nous rendant sur les lieux concernés, nous avons pu observer de près la situation dégradante des étudiants, surtout des étudiantes résidant à la cité de Ben Aknoun qui se plaignent des conditions catastrophiques qu'elles endurent à l'intérieur de leur cité.

Elles sont fatiguées de vivre ce cauchemar quotidiennement à cause des différents problèmes dus au manque d'hygiène, de sécurité, aux longues attentes dans les restaurants, ainsi qu'à la mauvaise restauration. A l'intérieur de la cité de Ben Aknoun, nous avons rencontré Samia, une résidante dans cette cité et étudiante à Bouzaréah, spécialité philosophie. Elle nous apprend que les chambres universitaires ne sont pas confortables, du fait qu'elles sont occupées par quatre étudiantes chacune. Pour aller étudier, explique-t-elle, on se dirige vers la bibliothèque qui n'est ni riche ni grande.

Une étudiante en 5ème année à la faculté de droit, préparant son CAPA, nous dit qu'elle réside clandestinement dans cette cité, en révélant qu'elle n'a pas commencé ses études jusqu'à présent à cause de son instabilité en ce qui concerne la résidence et qu'elle n'est pas la seule.

Hakim, étudiant à la cité universitaire Taleb Abderrahmane (Ben Aknoun), nous signale les principales insuffisances que la majorité des étudiants ne cessent de signaler à l'administration depuis belle lurette. Il nous a indiqué : «Je suis fatigué de recenser toutes nos doléances, la liste est longue, je me contente de l'essentiel : d'abord nous appelons à l'enrichissement de la bibliothèque de la cité [acquisition de nouveaux ouvrages], la nécessité de garantir la sécurité et la protection des résidants, qu'on veille à l'amélioration des conditions de vie à l'intérieur de la cité, notamment la restauration et la mise à la disposition des étudiants d'une ambulance en cas d'urgence.

Notre deuxième sortie est à destination de la cité universitaire d'El Alia, à Bab Ezzouar, où nous avons eu l'occasion d'avoir plus de clarifications sur les problèmes que rencontrent les étudiants, notamment ceux liés au transport.

Louisa, étudiante à l'ITFC et résidante à la cité de Bab Ezzouar, nous dévoile son problème en signalant l'absence de transport universitaire (COUS) desservant la ligne de Bab Ezzouar, où elle réside, vers Ben Aknoun à la faculté de l'ITFC, en ajoutant une autre difficulté, celle des bus qui sont souvent archi combles. Cela ne facilite guère la tâche aux étudiants pour être à l'heure à leurs travaux dirigés (TD) qui commencent généralement vers 8h. «Les longues attentes mettent en retard la majorité des étudiants en leur provoquant quotidiennement le stress et l'angoisse», affirme-t-elle.

Un étudiant à la faculté centrale intervient à ce sujet pour expliquer qu'il n'approuve point l'organisation du transport.

Le manque de transport et la mauvaise gestion des bus entraînent une anarchie totale à l'arrêt des COUS qui grouille d'étudiants las d'attendre le bus fatidique.

Cet étudiant dénonce également le fait que l'étudiant voyage debout tout au long du trajet en indiquant qu'il est venu de Bou Haroun à Ben Aknoun dans une situation lamentable. Certaines personnes étrangères à l'université occupent même les places des étudiants, avec l'autorisation des chauffeurs des bus.

Certains conducteurs utilisent les bus pour des intérêts purement subjectifs, voire accompagnés par des étudiantes universitaires. Le transport universitaire de Bouzaréah crée également un véritable problème aux étudiants de cette faculté. Le terrain de l'arrêt des bus à Bouzaréah n'est pas goudronné. A défaut d'éviter que les étudiants rentrent dans la boue, le bus s'arrête à Chevalley en condamnant les étudiants de Bouzaréah de mener l'itinéraire à pied jusqu'à la faculté de Bouzaréah.

Insécurité à la cité de Ouled Fayet

La cité de Ouled Fayet, que ce soit l'ancienne cité (chalets) ou la nouvelle, suscite chez nous une curiosité particulière. Ce site ne remplit pas les conditions normales. Notre visite sur les lieux a été l'occasion de constater de visu que la cité se trouve complètement éloignée des commerces, loin des magasins, du taxiphone, de l'épicier Pis, la nouvelle cité n'est pas parfaitement clôturée, ce qui permet à n'importe qui d'y accéder.

Les étudiantes de cette cité, quant à elles, n'ont pas le droit aux repas du déjeuner sauf pendant le week-end. Par obligation, elles iront aux anciens chalets pour s'alimenter, tout en courant le risque d'être agressées par des voyous dans la rue qui sépare les deux cités. Cela pour dire que l'insécurité et l'isolement deviennent le souci de toutes les étudiantes qui ne restent pas indifférentes face à ce problème.

Pour sa part, une étudiante en psychologie à Bouzaréah, et résidante dans la nouvelle cité, nous indique que la vie à l'intérieur de cette cité est pénible : «On vit le calvaire», dit-elle. Souvent, il y a des coupures d'électricité, cela entraîne la peur et la panique chez les résidantes. Surtout, poursuit-elle, que tout le monde est marqué par l'événement il y a quelque temps, où une foule de jeunes étrangers ont envahi la cité en pleine nuit. Ces voyous ont volé l'argent et les bijoux des étudiantes. Heureusement, leurs cris s'entendaient de loin, ce qui a fait intervenir les agents de sécurité pour en sauver une ou deux des mains des agresseurs. Dernièrement, le même scénario se répète et une étudiante a subi le même sort juste à proximité de la cité.

Une résidante nous explique clairement l'incident : «Lorsque les conditions ne sont pas réunies dans la nouvelle cité, les étudiantes sont obligées de se déplacer vers l'ancienne cité pour se doucher ou pour s'alimenter. En cours de route, elles se font agresser souvent par des malfaiteurs», regrette-t-elle. Selon notre interlocutrice, le nombre d'étudiants ne dépasse pas 3 dans une chambre. C'est au moins un avantage, indique-t-elle. Néanmoins, elle signale que cette cité ne dispose aucunement d'une bibliothèque au service des étudiants ni même d'un médecin qui peut intervenir en cas de besoin.

Apparemment, les problèmes réels génèrent des situations difficiles à supporter, les étudiants, eux, ne cessent de crier leur déception quant au manque terrible de moyens et de confort à l'intérieur de leurs cités. Jusqu'à quand continuera-t-on à marginaliser l'étudiant ? Ce n'est pas normal qu'il soit traité de cette manière, il mérite un peu plus de considération pour une meilleure valorisation de l'université d'une manière générale.

Les étudiants de Dely Brahim en grève

Dans le même contexte, les étudiants de spécialité sport de l'université de Dely Brahim sont actuellement en grève. ce mouvement de protestation a été déclenché par un incident tragique qui a pu être la cause de la mort d'un étudiant en 3ème année sport. Après son entraînement, cet étudiant, n'ayant pas trouvé de l'eau chaude, a utilisé l'eau froide pour se doucher. Quelques moments après, il se trouve à l'hôpital. Les étudiants de cette université ont réclamé ce droit (eau chaude) mais leurs revendications sont restés vaines.

Le silence de l'administration des oeuvres universitaires

«Circulez, on n'a rien à dire !» C'est, à peu de choses près, la réponse tacite des responsables des oeuvres universitaires aux journalistes de la Tribune qui se sont présentés à la direction de l'ONOU (office national des oeuvres universitaires), sis à Ben Aknoun, pour les besoins d'un article sur la situation du secteur, sa gestion, ses problèmes et ses perspectives.

Nos tentatives de contacter les responsables de l'ONOU se sont avérées vaines.

Ces derniers ont tout simplement refusé de nous recevoir.

Au moment où l'on parle de transparence dans la gestion des oeuvres universitaires et de l'amélioration des conditions de vie des étudiants, la direction des oeuvres universitaires préfère, elle, se confiner dans un mutisme total.

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Commentaire (1)

1. Kahina Le 11/12/2007 à 19:33

Bonsoir, je vous remercie pour l'effort que vous avez fait quand à la réalisation de ce site, articles très intéressants, qui touchent pratiquement à tout, et vu que je suis étudiante; c'est ce domaine là qui m'intéresse le plus, je vous demande juste de jeter un coup d'oeil à la situation des étudiants de l'université de Béjaia, qui sont en grève depuis presque 15 jours, je pense qu'un article dans votre site nous aidera beaucoup à surmonter notre crise actuelle, et à informer l'entourage de ce qui reigne là bas en ce moment, je vous en remercie d'avance et à bientôt inchallah, je vous souhaite une bonne continuation.
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Dernière mise à jour de cette rubrique le 14/01/2008
Rédacteur Agoravox

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