gérer au mieux les défis des journaux

 

Forum de la presse arabe :

gérer au mieux les défis des journaux


Quelles sont les différentes structures existantes pour les médias professionnels indépendants dans le monde arabe et quelles initiatives seraient vraiment bénéfiques pour la presse dans la région ? Comment les organisations internationales, tant professionnelles qu'engagées dans la lutte pour la liberté d'expression, peuvent-elles aider au mieux les éditeurs et les journalistes ? Ces questions étaient à l'ordre du jour de la deuxième édition du forum de la presse arabe libre qui a rassemblé des journalistes indépendants et des cadres des médias du monde arabe, à Beyrouth.

Ci-dessous, le résumé de la quatrième session intitulée : Comment gérer au mieux les défis auxquels sont confrontés les journaux.

Rafik Khoury, rédacteur en chef, Al-Anwar, Liban : De la liberté, toujours plus de liberté
Que peuvent faire les journalistes quand les gouvernements possèdent la majorité des médias ?
« Le point le plus important, c'est que nous devons nous concentrer sur la liberté et la solution, c'est encore plus de liberté et de solidarité entre journalistes », a déclaré M. Khoury lors de l'ouverture de la conférence de fin de session sur le sujet « Trouver des solutions au problème de la liberté de la presse dans le monde arabe ».
Selon M. Khoury, cinq conditions ont permis d'instaurer la liberté de la presse au Liban :
-    Une presse indépendante forte qui fournit du contenu et de l'analyse aux lecteurs
-    Une société civile forte qui protège la presse en défendant son droit à l'information libre
-    La force des journalistes professionnels et des groupes légaux qui se soutiennent mutuellement
-    La force du système judiciaire
-    Le soutien des organisations internationales

Hassan Kamel, Centre syrien pour les médias et la liberté d'expression, Syrie : Il n'existe pas de prison qui puisse contenir la parole libre.
« Il n'existe pas de prison qui puisse contenir la parole libre », affirme M. Kamel qui lit l'intervention de son collègue Mazen Darwich, que les autorités syriennes ont empêché de se rendre au Liban. En voici les grandes lignes :
-    La liberté de parole est le principal problème rencontré par les journalistes. C'est le minimum.
-    Nous devons bénéficier des valeurs démocratiques qui existent dans d'autres pays.
-    Nous devons introduire chez les journalistes le critère de professionnalisme et leur inculquer l'importance de l'indépendance.

Abdelrahim Abdallah, coordinateur de l'unité de Journalisme de l'Institut des médias de l'Université de Birzeit, Palestine : Comment améliorer la qualité du journalisme dans le monde arabe.

« Les journalistes doivent communiquer entre eux le plus possible pour améliorer leur savoir faire », a déclaré M. Abdallah, qui suggère ainsi :
-    d'établir un « club » des journalistes indépendants qui communiqueraient via un réseau e-mail
-    que les journaux arabes offrent des formations encourageant les journalistes à apprendre les uns des autres
-    de créer des partenariats entre la société civile et les associations de journalistes
-    d'introduire la presse à l'école de manière à ce que les lecteurs puissent différencier le bon du mauvais journalisme

Said Essoulami, directeur du Centre pour la liberté des médias, Maroc : Plus les choses changent...
Les gouvernements arabes ont fréquemment promis de réformer leur mode d'encadrement des médias ces dernières années, « mais le processus de dégradation et de détérioration des médias se poursuit », affirme M. Essoulami.
« Toutes les promesses n'ont pas été tenues, pour plusieurs raison », dit-il. « Nous pensons que la communauté internationale, les pays du G8 et les Etats-Unis ont cessé d'exercer une pression sur les gouvernements arabes. Ils veulent leur soutien en Irak, ils veulent leur soutien contre l'Iran et ils veulent leur soutien pour combattre la menace terroriste. La pression autrefois exercée sur eux en faveur de la liberté de la presse a faibli, voire disparu.
Selon M. Essoulami, les structures existantes pour bâtir cette liberté sont faibles et doivent être renforcées, voire remplacées. En particulier :
-    Les syndicats et les associations de journalistes de la région font pour la plupart partie du système autoritaire de sécurité. « Il serait très difficile de réformer ces associations sans réformer l'ensemble du système politique », dit-il.
-    Les tentatives de création de groupes régionaux de soutien à la liberté de presse ont échoué parce que les ONG locales n'ont pas réussi à tomber d'accord sur des mécanismes de coopération.
-    Les organisations internationales et intergouvernementales ont été inefficaces pour promouvoir la liberté de presse.
-    Les ONG internationales ouvrent de nouveaux bureaux dans la région, mais demeurent timides. « Nous voulons qu'elles se fassent entendre, qu'elles s'attaquent aux autorités et qu'elles soient moins timides », dit-il.

M. Essoulami suggère de créer un projet régional de recherche sur le statut des défenseurs de la liberté de presse dans le monde arabe qui examinerait leurs organisations et servirait à développer des initiatives de formation.
Source:http://www.arabpressnetwork.org
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Dernière mise à jour de cette rubrique le 24/12/2007
Rédacteur Agoravox

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