
Repris dans la bouche même de Me Ban Braham s'exprimant sur la question des harraga lors du forum d'El Moudjahid,« Les harraga ne sont pas des criminels, ils ne doivent pas passer en justice car la loi ne les concerne pas ».
Propos de juriste au fait des tenants et des aboutissants des conditions et conséquences subies par cette catégorie de citoyens.
Résumé des débats… Attention ! L'Algérie est dans la dérive. La misère et la pauvreté sont les deux facteurs qui poussent nos jeunes vers les « vaisseaux de la mort ». « La loi infligée aux jeunes rapatriés est injuste.
Les lois 534 et 544 ne stipulent aucunement que les harragadoivent être passés en justice. La peine infligée à ces personnes n'est dite nulle part.» C'est ce qu'a affirmé Me Fatima Zouhra Ben Braham, hier, au forum d'El Moudjahid. Et d'ajouter : « la loi est claire et touche les gens qui se trouvaient à bord d'un bateau sans billet. »
Des jeunes qui encourent des peines de prison allant de 6 mois à cinq ans de prison ferme, assortie d'une amende allant de 10.000 à 50.000 DA. Voilà un destin plus que malheureux. Une mesure, par ailleurs, qualifiée de scandaleuse par les observateurs estimant qu'«une répression en pareil cas ne fera que compliquer et accentuer le ressentiment déjà trop fort de ces jeunes».
Ils vivent dans des cas de misère alarmante et de pauvreté qui ne leur laissent aucun choix. Ils n'ont que les embarcations de la mort. Alors il est temps d'adopter des textes juridiques concernant ce fléau. Un arsenal devenu nécessaire, voire impératif et urgent. Par ailleurs, les harragas repêchés sont placés directement en prison en attendant qu'ils passent devant le juge.
Leur jugement est injuste. Un destin cruel où leur seul péché est de chercher un meilleur avenir qu'ils n'arrivent pas à avoir dans leur pays. « On a violé leurs droits. Ils ne sont pas des criminels », a déploré l'avocate qui poursuit : « Il est temps de nous unir en vue de combattre ensemble ce que subissent nos jeunes en amont et en aval : Ils demandent leur droits économiques et sociaux ».
Dans cette optique ils n'ont qu'une seule solution : partir chercher l'eldorado. Ils sont hélas entre les dents de la mer et les griffes des prisons. Malheureusement, notre Etat manque d'infrastructures comme des centres d'accueil en attendant de les réinsérer positivement dans la société… Ce phénomène de harraga peut encore prendre de l'ampleur.
Actuellement les jeunes algériens inscrivent leur vouloir sur les murs des cités : « je préfère que ma chair soit dévorée par des poissons et manger par les insectes que d'être livré à la malvie du pays ». Une attitude qui pousse les jeunes à la dérive. Ils sont vite récupérés par des réseaux de terroristes et de prostitution. Attention une attitude guette les foyers des Algériens : l'homosexualité est un phénomène qui prend de l'ampleur.
Me Ben Braham a expliqué, en outre, que « le nombre affreux des divorces en Algérie s'explique avec l'augmentation cruelle de l'homosexualité dans notre pays » L'émigration clandestine touche les différentes franges de la jeunesse: les étudiants, les commerçants, les fonctionnaires et les chômeurs. Actuellement, ils ne veulent que réaliser leurs rêves.
Des rêves pour les quels ils risquent leur vie. Dans cette optique, le cheikh Chems Edine Bouroubi, fait remarquer : « le harraga n'est pas une personne suicidaire car il ne cherche rien d'autre que la vie ».
Cet intervenant qui souligne l'interdiction par l'islam du suicide, précise aussi que le harraga ne peut faire partie de ceux qui veulent mettre un terme à leur vie. «C'est la hogra et la malvie qui poussent nos jeunes vers les bateaux pour une meilleure vie », a expliqué Bouroubi.
Hakima Smail
Source: Le Courrier d'Algérie, édition du 29 Avril 2008
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