Mea culpa et stratégie!

Le projet sera présenté incessamment au gouvernement, selon Tayeb Louh :
Bientôt une stratégie pour les jeunes
Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, M. Tayeb Louh, a déclaré hier qu’il soumettra au conseil du gouvernement, dans une vingtaine de jours, un projet de stratégie spécialement consacré à la jeunesse.

M. Tayeb Louh, qui s’exprimait hier en marge des travaux de l’APN où il était venu présenter devant les députés le projet de loi relative au contentieux en matière de sécurité sociale, a présenté les grandes lignes de cette nouvelle stratégie consacrée, a-t-il précisé, «à l’emploi en général et à celui de la jeunesse en particulier».

Selon le ministre, ce nouveau projet «en voie de finalisation» se base sur plusieurs principes, notamment l’encouragement de l’investissement et la réformes des dispositifs actuels dédiés à l’emploi des jeunes.

La nouvelle stratégie s’appuiera sur le secteur économique «en soutenant l’investissement créateur de richesses», a-t-il souligné, ajoutant qu’elle [la stratégie, NDLR] «s’appuiera également sur la poursuite de la réforme bancaire et financière, et de celle du foncier industriel».

Il a également promis de réduire les charges patronales dans le but toujours d’encourager l’emploi. «Nous allons encourager l’emploi en allégeant pour les employeurs les charges sociales et mêmes fiscales», a promis le ministre.

S’agissant de l’emploi destiné strictement aux jeunes, il a assuré que des spécificités seront accordées aux volets relatifs à cette catégorie, et ce, «en réformant les mécanismes existants actuellement (ANSEJ, CNAC, ANGEM, etc.) ainsi que les mécanismes relatifs à l’emploi temporaire».

Ce projet dont la dénomination officielle est «stratégie globale pour la promotion de l’emploi et pour la lutte contre le chômage» devrait répondre à une préoccupation majeure :

la prise en charge de la catégorie des jeunes qui a fait récemment l’objet d’une réunion gouvernement-walis au cours de laquelle le président de la République avait donné des orientations pour endiguer les problèmes des jeunes, cible privilégiée des recruteurs des groupes terroristes et candidats par excellence à l’émigration clandestine.

Tayeb Louh a par ailleurs expliqué que cette nouvelle stratégie «vise également et en fin de compte à la préservation des équilibres financiers du système de la sécurité sociale», expliquant «que la promotion de l’emploi augmentera automatiquement les ressources de la sécurité sociale».

Car, comme il l’a expliqué, cette nouvelle stratégie de l’emploi entre dans le cadre de la stratégie globale de réforme du système de la sécurité sociale.

S’agissant du projet de loi relatif au contentieux en matière de sécurité sociale, présenté hier par M. Louh, il tend «à l’adaptation du dispositif législatif actuel dont la promulgation date de 1983 aux nouvelles mutations économiques et sociales survenues tant à l’échelle nationale que mondiale».

La nouvelle loi comblera, selon le ministre, les vides laissés par l’ancien texte. Elle définit, selon lui, «avec précision, la nature de ces contentieux et la manière de leur traitement». Le nouveau texte prévoit des sanctions à l’égard des auteurs d’infractions ainsi que des commissions de recours locales et nationales.

Ainsi, et parmi entre autres mesures prévues, «l’Inspection du travail sera désormais dotée d’une nouvelle prérogative consistant à contrôler les manquements des employeurs à la déclaration de leurs employés à la sécurité sociale, exactement comme cela est fait par les contrôleurs des impôts», a averti M. Louh.

A. M.

Source : Le Jeune Indépendant, édition du 14 janvier 2008
 
Reconnaissant que la jeunesse algérienne s’enlise dans une grave crise
L’aveu d’échec de Abdelaziz Bouteflika
 
Source : El Watan
Dans un discours prononcé hier à Alger, à l’occasion de la cérémonie de clôture de la rencontre gouvernement-walis consacrée exclusivement à la jeunesse, Abdelaziz Bouteflika est revenu longuement sur les échecs officiels en matière de prise en charge de la jeunesse.

Le fossé séparant la jeunesse et les pouvoirs publics s’élargit et se confirme. Le constat est fait et les hautes autorités du pays font leur mea-culpa.

Le premier à exposer le diagnostic est le président de la République, Abdelaziz Bouteflika. « Il faut reconnaître que les politiques nationales n’ont pas toujours été à la hauteur des attentes de nos jeunes. Elles ont en particulier manqué d’efficacité et de cohérence du fait de l’absence de mécanismes opérationnels de concertation de la jeunesse », avoue-t-il.

Dans un discours prononcé hier à Alger, à l’occasion de la cérémonie de clôture de la rencontre gouvernement-walis consacrée exclusivement à la jeunesse, Abdelaziz Bouteflika est revenu longuement sur les échecs officiels en matière de prise en charge de la jeunesse.

Il qualifie la situation actuelle de véritable « crise ». Une crise qui se manifeste, selon lui, par l’affaiblissement du sentiment patriotique, la perte des repères identitaires et culturels, l’éloignement des valeurs fondamentales de la société et par une grande difficulté à se doter de perspectives d’avenir.

« Ce sont autant de signes qui prédisposent le jeune à toute sorte de déviances et d’extrémismes et l’exposent, souvent injustement, à la stigmatisation collective », souligne-t-il.

Ce sont ces facteurs, enchaîne-t-il, qui ont donné naissance à deux phénomènes dangereux : « Les kamikazes et les harraga. » Le premier magistrat du pays met en garde dans ce sens contre toute mauvaise appréciation de ces phénomènes.

« Les 2400 harraga recensés et les kamikazes d’Alger, de Lakhdaria, de Batna et de Dellys pourraient devenir bien plus nombreux si l’on n’y prenait sérieusement garde », lance-t-il. Poursuivant dans l’exposition du bilan établi, l’orateur a mis également l’accent sur la crise de confiance qui s’est installée entre les jeunes et les pouvoirs publics.

« Les sondages effectués sur les attentes de la jeunesse confirment ce constat qui illustre la déconnexion de la relation entre les jeunes et l’action des pouvoirs publics », affirme-t-il.

En effet, les résultats d’une enquête sur la jeunesse réalisée par le Centre national d’études et d’analyses pour la population et le développement (CENEAP) sont sans appel.

Lu devant l’assistance par le ministre de la Jeunesse et des Sports, Hachemi Djiar, cette enquête confirme le marasme et le désespoir dans lesquels se sont enlisés les jeunes Algériens.

« 60,5% des jeunes scolarisés déclarent avoir un avenir flou, 73% sont sans aucun cadre de vie, 58% ne pratiquent aucune activité sportive, 90% n’ont adhéré à aucune association et 33% affirment avoir des possibilités de vivre à l’étranger.

Il n’y a qu’une infime minorité qui veut quitter définitivement le pays », dira Hachemi Djiar. Rappelant « les enveloppes financières (150 milliards de dinars) allouées au secteur de la jeunesse et des sports », Abdelaziz Bouteflika estime que cette état de fait met d’emblée en jeu l’avenir de la nation.

« Nous avons aujourd’hui besoin de renouveler notre regard sur la jeunesse, de modifier notre attitude à son égard et d’adopter de nouvelles approches et de nouvelles méthodes dans la prise en charge de ses attentes », explique-t-il.

L’orateur incite ainsi le gouvernement et les collectivités locales à associer les jeunes dans la réalisation des programmes qui les concernent. Cela, précise-t-il, devra se faire à travers la mise en place d’une nouvelle politique d’intégration. Ce constat a été fait il y a bien longtemps.

Reste à savoir si l’engagement pris sera traduit concrètement sur le terrain…

Madjid Makedhi

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Dernière mise à jour de cette rubrique le 14/01/2008
Rédacteur Agoravox

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